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 L'Oeil de l'Expert
18/06/2009

Daniel Reinert, Chasseur de têtes dans l’industrie et les PME luxembourgeoises nous éclaire sur la situation actuelle des besoins en compétences dans ses secteurs :  « les demandes de personnel qualifié dès l’embauche vont s’accroître, obligeant les entreprises à développer des stratégies nouvelles pour s’adjoindre les compétences requises. »

Article paru sur le site du HR One le 18/06/09

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Souvent le recours à un chasseur de têtes, dans le secteur industriel, se fait après épuisement des méthodes traditionnelles de recrutement. Une fois que le client a effectué une première collaboration avec le cabinet, il lui est plus facile de revenir vers nous pour des projets liés au développement de son entreprise. Dans certains cas, le chasseur accompagne l’entreprise dans l’intégralité du projet de développement de l’entreprise et réalise la chasse comme une part du contrat d’accompagnement. Une première bonne expérience sur un acte ponctuel met en confiance le client, qui aura plus facilement recours aux chasseurs de tête pour obtenir des conseils et trouver des profils particuliers, la recherche de profils plus généralistes se fera via des méthodes plus classiques.;

La période de trouble actuelle provoque une certaine incertitude face à l’emploi. Dans le milieu de l’industrie, les postes à risques sont ceux où les compétences ne sont pas absolument nécessaires à la survie de l’entreprise. Il en résulte que malgré une augmentation du nombre global de chercheurs d’emploi au Luxembourg, les compétences clés sont toujours rares et recherchées. La crise n’offre donc pas vraiment plus de profils qualifiés sur le marché et c’est pourquoi les entreprises qui réussissent leur recrutement, le font au grand dam des autres.

Concernant les cibles des chasseurs, le cas des expatriés à compétences spécifiques nécessaires au Luxembourg est particulièrement intéressant, puisqu’il est difficile d’attirer ce type de profil dans ce secteur. Les expatriés aux compétences clés sont peu enclins à venir travailler dans l’industrie. Cette problématique nous a mené, en plus de 10 ans de chasse au service de l’industrie au Luxembourg, à définir les vraies - ou mieux, la vraie compétence clé qu’il manque au Luxembourg. Le résultat de cette analyse est plus une attitude qu’une compétence, c’est la démarche entrepreneuriale qui manque au Luxembourg, les profils les plus complexes à trouver sont ceux possédant savoir faire et savoir être, à tous les niveaux techniques et à tous les niveaux d’expérience managériale. D’ailleurs, nos clients ne formulent pas un besoin en indiquant clairement qu’ils souhaitent recruter un expatrié ayant l’esprit d’entrepreneur, ils décrivent plutôt un profil sachant prendre des décisions, informer, gérer, voir les situations dans leurs complexité globale, etc. Le terme entrepreneur est rarement utilisé mais sous-entendu, c’est pourquoi ils ont recours à des chasseurs de tête pour capter ce type de profils vers le Luxembourg.

De plus, en analysant nos « tableaux » de chasses il est évident que quelques années d’expérience sont toujours demandées, mais qu’il est impossible de détecter une claire prédominance « technique » dans les demandes de nos clients. Par contre, le dénominateur commun de toutes nos chasses est la demande par nos clients de la maîtrise des langues (généralement l’Anglais, le Français et l’Allemand) par les candidats potentiels. Si l’anglais prédomine, le luxembourgeois est un plus indéniable ; pour le client c’est l’assurance que le candidat maîtrise les trois autres langues mentionnées. L’expérience et la pratique des langues sont donc très recherchées dans l’industrie, malheureusement les personnes disposant de ces compétences préfèrent souvent des emplois plus « sécurisés » ; l’attitude entrepreneuriale manque cruellement au Luxembourg.

Enfin, en ce qui concerne l’évolution des profils demandés, on se rend compte qu’au fur et à mesure que les besoins deviennent plus précis, le recours aux chasseurs de tête s’impose, car il permet alors d’obtenir des compétences particulières  pour un domaine spécifique. »

En conclusion, en industrie, comme dans beaucoup d’autres secteurs au Luxembourg, les compétences requises sont nettement en hausse (comme le démontre l’étude récente publiée le 27 avril 2009 par la Fedil), obligeant les entreprises à développer des stratégies nouvelles et innovatives pour recruter les compétences requises.

Daniel Reinert
Consultant